Accueil » Mur en parpaings humide : comment le rendre étanche ?
Le parpaing est le matériau de construction le plus répandu en France pour les murs de caves, sous-sols et maisons individuelles construites depuis les années 1960. Résistant mécaniquement, il présente pourtant un défaut majeur face à l’humidité : il est naturellement poreux. Un mur en parpaings absorbe l’eau, la transporte et la restitue, parfois bien longtemps après la pluie ou la crue qui en est la cause. Voici comment comprendre pourquoi un mur en parpaings devient humide, et quelles solutions permettent de le rendre réellement étanche.
Le parpaing est fabriqué à base de granulats, de sable et de ciment. Sa structure alvéolaire, qui lui confère légèreté et isolation thermique, est aussi ce qui le rend perméable à l’eau. Contrairement à la pierre calcaire dense ou à la brique cuite, le parpaing ne développe pas de patine naturelle imperméabilisante avec le temps. À l’inverse, il se dégrade progressivement sous l’effet des cycles d’humidification et de séchage répétés, en particulier quand il est enterré. L’humidité des murs qui en résulte favorise le développement des moisissures dans les parois, dégrade les maçonneries en profondeur et peut provoquer, à terme, des problèmes respiratoires et des allergies chez les occupants exposés.
Un mur en parpaings ne se compose pas uniquement de blocs : les joints de mortier qui les assemblent représentent une surface non négligeable. Avec le temps, ces joints se carbonatent, perdent leur cohésion et se fissurent, créant des voies d’infiltration directes pour l’eau de pluie ou l’eau du sol. Ces fissures dans la maçonnerie sont d’autant plus problématiques sur les façades exposées aux intempéries ou sur les parois enterrées soumises à la pression du sol saturé. Un mur en parpaings dont les joints sont dégradés peut absorber l’eau beaucoup plus rapidement que les blocs eux-mêmes. C’est pourquoi un simple enduit appliqué sur le parement intérieur, sans traitement des joints ou de la cause de l’humidité, est voué à l’échec à court terme. Les sels minéraux transportés par l’humidité du sol se déposent en surface sous forme d’efflorescences blanches, signal visible que le traitement contre l’humidité ne peut se limiter à un simple ragréage de surface.
Un mur en parpaings peut être humide pour deux raisons principales, et la distinction est fondamentale pour choisir le bon traitement. Si l’humidité apparaît après les pluies, sous forme d’auréoles ou de suintements localisés sur un mur enterré ou en contact avec le terrain, c’est une infiltration latérale par pression hydrostatique. Si l’humidité forme de la condensation ou des moisissures sur les murs et/ou fenêtres, il s’agit certainement d’une mauvaise aération. Celle-ci peut également aggraver l’humidité dans les murs intérieurs par condensation. Ces deux phénomènes coexistent parfois dans un même mur, rendant le diagnostic d’autant plus nécessaire.
La méthode du film plastique reste la plus fiable pour orienter le diagnostic. Scotchez hermétiquement un morceau de film transparent sur la zone suspecte pendant 48 heures. Si des gouttelettes apparaissent entre le film et le parpaing, l’humidité provient de l’intérieur du matériau, il s’agit d’une humidité structurelle. Le mur est alors dit gorgé d’eau : l’assèchement des murs doit précéder toute pose de revêtement ou d’enduit définitif. Si la condensation se forme sur la face extérieure du film, c’est l’air ambiant qui est en cause, et une solution de ventilation mécanique ou d’amélioration de l’évacuation de la vapeur d’eau dans la pièce peut suffire à assainir l’espace sans travaux lourds. Un diagnostic humidité professionnel complétera cette première observation avec un humidimètre à radiofréquence, capable de mesurer le taux d’humidité dans la masse même des parpaings.
Sur un mur en parpaings extérieur, un traitement hydrofuge pénétrant permet de réduire significativement l’absorption d’eau de pluie sans obstruer les pores du matériau. Le produit pénètre dans la masse du parpaing et crée une barrière hydrophobe qui repousse l’eau en surface tout en laissant la vapeur d’eau s’évacuer naturellement. Ce traitement est efficace en prévention ou pour des parpaings légèrement humides, mais insuffisant sur des murs déjà gorgés d’eau ou soumis à une pression hydrostatique.
Quand un mur en parpaings enterré est soumis à des infiltrations latérales (pression de l’eau du sol, terrain argileux saturé, nappe phréatique haute) l’étanchéité extérieure est la solution la plus efficace. Une tranchée est ouverte le long du mur, la paroi est nettoyée et traitée, puis une membrane bitumineuse est appliquée sur toute la surface extérieure du parpaing, complétée par une membrane polypropylène avec géotextile et un drain en pied de fondation. L’eau est interceptée avant même d’atteindre le matériau. Cette solution n’est cependant pas toujours réalisable selon la configuration du terrain : maison mitoyenne, accès étroit, jardin aménagé… auquel cas le cuvelage intérieur prend le relais.
Le cuvelage est la réponse adaptée aux murs en parpaings enterrés lorsque l’intervention par l’extérieur n’est pas réalisable. Un enduit d’étanchéité est appliqué sur la face intérieure des parpaings, en créant une coque continue qui résiste à la pression de l’eau depuis l’extérieur. Contrairement à un simple enduit de surface, le cuvelage est formulé pour supporter la contre-pression hydraulique, c’est-à-dire l’eau qui pousse de l’extérieur vers l’intérieur. Les points de jonction mur-sol sont traités avec une attention particulière, car ce sont les zones les plus vulnérables dans un mur en parpaings enterré. Une fois le cuvelage posé et les parois assainies, l’espace peut être réaménagé durablement, avec des revêtements et finitions posés sur des murs intérieurs secs et stabilisés.
C’est l’erreur la plus répandue. Un enduit standard appliqué sur un mur en parpaings gorgé d’eau masque le problème pendant quelques semaines au mieux. L’humidité continue de circuler dans les blocs et les joints, exerce une pression croissante sur l’enduit et finit par le faire décrocher ou claquer, parfois de façon spectaculaire. L’assèchement des murs est une condition préalable absolue : injecter la résine, traiter la cause, laisser sécher les parois puis seulement poser l’enduit définitif. Seul un enduit technique formulé pour la contre-pression, posé après traitement de la cause, peut tenir dans le temps.
Peindre un mur en parpaings avec une peinture anti-humidité, poser un revêtement étanche en carrelage ou coller un film d’étanchéité en surface : aucune de ces interventions ne s’attaque à la cause de l’humidité. Elles peuvent temporairement réduire les symptômes visibles (taches, salpêtre, décollements) mais l’humidité continue de progresser dans la masse du matériau et finit par contourner ou décoller le traitement de surface. Le papier-peint se soulève, les joints de carrelage noircissent, les moisissures réapparaissent dans les angles : autant de signes que l’humidité dans les murs n’a pas été traitée à la source. Sur un parpaing humide, seul un traitement qui agit dans la masse ou en amont de la paroi par injection, par étanchéité extérieure ou par cuvelage est durable.
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